L'histoire de la photographie

Daguerréotype

On aborde généralement l’histoire de la photographie par la chronologie des inventions et des développements techniques. Cette échelle de temps constitue un repère indispensable mais reste incomplète pour comprendre la création et l’élaboration du langage photographique.

L’histoire de la photographie – L’histoire d’un art ou d’une technique ?

La première difficulté est d’établir les priorités historiques et sociales entre des découvertes simultanées. L’invention de la photographie est annoncée officiellement à l’Académie des sciences de Paris en 1839 avec le Daguerréotype mis au point par Louis Jacques Mandé Daguerre et Nicéphore Niépce. La même année, l’Anglais Henry Fox Talbot présentait le Talbotype qui utilise un négatif papier.  Jusque vers 1855, le Daguerréotype plus net et précis, domine très largement la pratique mondiale de la photographie alors que le Talbotype – qui devient le Calotype – reste confiné à quelques cercles d’initiés.

L'histoire de la photographie

Daguerréotype

De Talbot à Bayard

Pourtant c’est le principe de Talbot du négatif reproductible en épreuves positives qui préfigure la photographie moderne. De plus, les pionniers de l’art de la photographie comme Gustave Le Gray ou Henri Le Secq ont souvent préféré le calotype avec ses contours estompés et que l’on pouvait retoucher à la main. Les photographes calotypistes étaient relativement peu nombreux, ils ont pourtant ouvert une voie majeure de l’esthétique moderne de la photographie. Nous pourrions également évoquer le positif direct mis au point par Hippolyte Bayard vers 1840. Le procédé de Bayard a été occulté par le Daguerréotype et n’a pas connu de succès mais il est néanmoins considéré comme l’ancêtre du Polaroid. Sans compter que l’on attribue à Hippolyte Bayard la première œuvre de fiction photographique avec son célèbre « Autoportrait en noyé » de 1841.

Hippolyte Bayard - Autoportrait en noyé

Hippolyte Bayard – Autoportrait en noyé – 1840

Naissance du langage photographique

Ce serait incorrect de limiter les débuts de la photographie au Daguerréotype. Aujourd’hui, les photographes amateurs, artistes ou professionnels, utilisent un langage photographique qui a vu le jour au 19e siècle en s’inspirant des règles esthétiques de la peinture. Au fil des décennies, il a souvent évolué (et évolue toujours) indépendamment des techniques. En 1850, le scientifique Alphonse Poitevin décrit le procédé photographique à la gomme bichromatée. La technique est pratiquement ignorée des photographes jusque dans les années 1890. Après quarante ans d’absence sur la scène photographique, la gomme bichromatée devient le procédé emblématique des photographes du courant « pictorialiste ». Comme les calotypistes, ils sont peu nombreux mais leurs œuvres ont fortement marqué la photographie artistique. Comment placer dans l’histoire les quelques rares photographes à la gomme bichromatée qui exercent à une époque où Kodak a déjà sorti – en 1888 – le premier appareil photo à film pour amateur ?

L'histoire de la photographie

Nicéphore Niépce héliographie 1826

Comprendre la photo contemporaine grâce à l’histoire de la photographe

En photographie, l’art et la technique font bon ménage mais avec beaucoup de turbulences ! Si l’usage du grand public suit l’évolution industrielle, nombre de photographes préfèrent depuis toujours, travailler avec les procédés de leur choix. L’histoire de ces photographes doit éclairer la chronologie des techniques pour mieux comprendre la photographie d’aujourd’hui.

Si cet article sur l’histoire de la photographie vous a plu, merci de penser à le partager sur vos réseaux, clubs photo ou amis. Ces questions sont abordées et débattues dans le stage Histoire de la photographe ainsi que dans Photo-Philo et Grammaire de l’image

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Jean-Baptiste Rabouan

Photographe de voyage professionnel, écrivain, spécialiste des procédés alertantifs

Jean-Baptiste Rabouan a de nombreuses cordes à son arc : photographe, journaliste et écrivain.

Jean-Baptiste collabore avec de nombreux éditeurs de livres et titres de la presse magazine internationale. Il a été l’un des collaborateurs « staff » du magazine Grands-Reportages de 2000 à 2016 et publie aujourd’hui aux Éditions Glénat. Ses principaux ouvrages dont il signe les textes et photographies sont Ladakh, voyage au royaume de la laine, Cheminements ; Mother India et À la recherche des laines précieuses. Ce dernier a reçu le prix AJT du livre de voyage de l’année 2016 et a été publié aux États-Unis .Auteur également de deux romans : un Jardin sur le Gange, et Le Miel Amer de l’Himalaya.  En marge de la presse magazine et de l’édition, c’est aussi un tireur chevronné qui réalise lui- même ses tirages d’art classiques ou avec des procédés alternatifs

Son travail est distribué par les agences photo Laif et Light Mediation… en savoir plus

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