Le Musée Niépce présente du 16 juin au 16 septembre, « Visions d’artistes, photographies pictorialistes 1890 – 1960 » : une exposition à ne pas manquer !

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Constant Puyo Étude de tête, épreuve au charbon vers 1905
 – © musée Niépce

Visions d’artistes au Musée Niépce

Lorsque Nicéphore Niepce et son associé Louis Mandé Daguerre découvrent la photographie et que la France « l’offre au monde » en 1839 (Niepce décède prématurément quelques années plus tôt), la société industrielle s’émerveille des possibilités de « représentation objective » du réel de l’image photographique. L’engouement du public est immense, toute la bonne société se fait daguerréotyper le portrait mais pas seulement…

Un procédé qui plait beaucoup

La police comprend très vite l’intérêt du procédé pour ses fiches, l’administration coloniale fait de même avec ses fiches anthropologiques… Bref, la révolution industrielle du monde occidental trouve dans la photographie son fer de lance pour
recenser, archiver et, d’une certaine manière, s’approprier le monde.

Néanmoins les premiers photographes ont souvent une formation artistique. Nombre d’entre eux sont des peintres mais ils restent peu considérés en tant qu’artistes. Pour beaucoup ce sont des « peintres ratés » comme l’écrit Baudelaire en 1859. Car dès les premiers temps, la photographie pose la question de l’art avec cet épineux paradoxe : un art pictural peut-il être mécanique ? Cela
est comparable aux musiques créées aujourd’hui par l’intelligence artificielle informatique : sont-elles des œuvres d’art ? Et pour en revenir à la photographie, les multiples effets picturaux proposés par les logiciels d’images relèvent-il d’un quelconque génie artistique de l’opérateur ?

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Paul de Singly Bords du Loing à Moret, gomme bichromatée vers 1905
 – © musée Niépce

Les premiers photographes d’art

À la fin du 19ème siècle, un mouvement d’artistes photographes, les pictorialistes, propose une alternative à la faveur du développement des procédés photographiques pigmentaires qui permettent une interprétation manuelle de l’épreuve. Si l’âme de l’œuvre d’art naît du geste de l’artiste et que seule la main peut dire l’émotion alors l’artiste-photographe doit « sculpter » sa prise
de vue comme le sculpteur travaille le bloc de pierre. Sans entrer dans le détail technique des procédés pigmentaires – voir les articles consacrés sur ce blog -, avec la gomme bichromatée, le bromoil, l’encre grasse… les pictorialistes ouvrent une voie nouvelle et essentielle à l’art de la photographie.

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José Ortiz-Echagüe Les pêcheurs partent
 Èpreuve au charbon 1934
 – © musée Niépce

Le mouvement a pratiquement disparu avec la Seconde Guerre mondiale et, en France, il a été occulté et souvent renié à plus d’un titre au profit d’une certaine idée voire du dogme de la « photographie objective ». Le Musée Niépce répare en parti cette injustice avec cette exposition exceptionnelle des maîtres pictorialistes où tout amateur de photographie devrait se rendre pour la beauté des images mais peut-être aussi pour trouver un embryon de réponse à la question de l’art qui reste toujours aussi épineuse !

Robert Demachy Fumées d’usine, Dives, report d’huile vers 1911-1914
 – © musée Niépce

Musée Niépce – 28 quai des messageries – 71100 Chalon-sur-Saône – Tél :  03 85 48 41 98 – Ouvert tous les jours sauf le mardi et les jours fériés. www.museeniepce.com

Le monde de la photographie alternative vous intéresse ? Jean-Baptiste Rabouan et Jean-Charles Gros, vous proposent des stages uniques en France sur le Cyanotype et le procédé Van Dyke

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Jean-Baptiste Rabouan

Photographe de voyage professionnel, écrivain, spécialiste des procédés alertantifs

Jean-baptiste Rabouan a de nombreuses cordes à son arc : photographe, journaliste et écrivain.

Jean-Baptiste collabore avec de nombreux éditeurs de livres et titres de la presse magazine internationale. Il a été l’un des collaborateurs « staff » du magazine Grands-Reportages de 2000 à 2016 et publie aujourd’hui aux Éditions Glénat. Ses principaux ouvrages dont il signe les textes et photographies sont Ladakh, voyage au royaume de la laine, Cheminements ; Mother India et À la recherche des laines précieuses. Ce dernier a reçu le prix AJT du livre de voyage de l’année 2016 et a été publié aux États-Unis .Auteur également de deux romans : un Jardin sur le Gange, et Le Miel Amer de l’Himalaya.  En marge de la presse magazine et de l’édition, c’est aussi un tireur chevronné qui réalise lui- même ses tirages d’art classiques ou avec des procédés alternatifs

Son travail est distribué par les agences photo Laif et Light Mediation… en savoir plus

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