DxO ViewPoint est un programme de correction de défauts optiques et de la géométrie – autrement dit des déformations de perspectives engendrées par votre objectif et/ou votre point de vue. Comme DxO PureRaw dont on a déjà parlé dans un autre article, il peut être autonome (standalone) ou s’intégrer dans votre flux de travail sous Lightroom, Photoshop, etc., comme on le verra plus loin. C’est aujourd’hui la référence en matière de correction, mais il fait aussi d’autres choses que l’on va regarder en détail.DxO ViewPoint

DxO ViewPoint

DxO ViewPoint est édité par la société française DxO. Celle-ci propose son propre logiciel DxO Photo Lab qui connait un beau succès grâce à des innovations uniques sur la correction des défauts optiques et géométriques ainsi qu’au débruitage des fichiers RAW, entre autres.

Une solution pour tous

S’adapter à un logiciel prend beaucoup de temps et une fois l’effort fait, on n’a pas trop envie de changer.  Mais l’intérêt de ce programme est que l’on peut acheter DxO ViewPoint pour l’intégrer à un flux de travail existant (Lightroom ou autre) ou utiliser le logiciel de façon indépendante. VOICI donc le test.

Une capacité à corriger les déformations bluffante

Tous les logiciels de traitement photo sont capables de corriger les défauts de nos objectifs et les problèmes de perspectives. Et la plupart proposent une fonction automatique pour le faire. Alors en quoi DxO ViewPoint est-il différent ? D’abord, DxO s’appuie sur la base de données de DxO Mark riche de 60 000 couples boitiers/objectifs. La plus grande et complète à ce jour.

Pour rappel, il y a de nombreux défauts optiques sur nos objectifs, dont on a parlé dans cet article. Voici les pires:

  • distorsion : les lignes droites deviennent courbes,
  • anamorphose : déformation des objets situés sur les bords de l’image,
  • vignettage : coins plus sombres,

Mais il y a aussi les défauts de perspectives, qui se manifestent lorsque votre appareil n’est pas de niveau, ou que vous n’êtes pas parallèle au plan photographié. Ceux-là dépendent de votre point de vue sur le terrain. Bref, difficile d’échapper aux défauts optiques.

Installation de DxO ViewPoint

DXO ViewPoint peut s’essayer gratuitement pendant 15 jours. Il est disponible en licence perpétuelle (pas d’abonnement) pour 99€. Au début de l’installation, le programme vous indique quelles applications installées sur votre ordinateur sont compatibles et crée automatiquement les dossiers pour l’installer en plugins.

DxO ViewPoint installation

Lancement de DxO ViewPoint

Réglage des préférences

Rien de spécial à dire, vous pouvez désactiver la recherche quotidienne de mises à jour et laisser les autres réglages par défaut.

Utilisation en mode autonome

A l’ouverture, on retrouve un explorateur de fichiers classique – type Explorateur ou Finder. Il n’est pas nécessaire d’importer les images que vous voulez traiter. Dans la colonne de gauche, vous trouvez 2 icônes « Explorateur » et « Images récentes ».  Préférez l’explorateur et accédez rapidement à vos dossiers. Les images s’affichent automatiquement dans la fenêtre principale. On peut régler la taille des vignettes dans la barre du haut. Pour le reste, c’est minimaliste.

DxO ViewPoint explorateur

DxO ViewPoint ne travaille que sur les fichiers Jpeg ou Tiff,  pas sur les RAW. C’est évidemment une limite importante et à prendre en compte dans votre décision d’achat.

Interface de DxO ViewPoint

Une fois sélectionnée l’image à traiter, un double-clic l’ouvre dans la fenêtre de traitement proprement dite. La barre du haut propose un outil de comparaison avant/après et des options de retournement horizontal/vertical et un zoom. Il est aussi possible d’afficher une grille et c’est là que se trouve le bouton enregistrer. Bref, rien de bien sorcier. Tout se passe dans la colonne de droite où l’on retrouve les différents panneaux de correction.

Travailler sur les fichiers originaux

Pour une correction optimale, DxO ViewPoint doit avoir accès aux métadonnées enregistrées dans les fichiers. Lors de l’ouverture d’une image,  vous aurez peut-être la boite de dialogue suivante. Dans ce cas, recherchez le fichier original – en RAW – et cliquez dessus. Le programme vous proposera ensuite de télécharger le profil appareil/objectif et tout ira bien. Évidemment, assez rapidement tous vos profils seront téléchargés.

DxO ViewPoint

Du point de vue du flux de travail, on commence souvent par régler les problèmes de déformations et géométrie, car celles-ci affectent le cadrage final.

Les différents traitements

1 – Distorsion

Ce panneau vous demande de télécharger le module de correction basé sur le couple appareil/objectif (1). Ceux-ci sont mémorisés par le programme et vous n’aurez plus ensuite à le faire. Sélectionnez le module dans la liste (2) et cliquez sur « Télécharger » (3). L’opération est très rapide. Mais malheureusement, DxO n’aide pas et il faut rechercher le fichier manuellement. Prenez le fichier RAW, pour que le programme puisse extraire les données dont il a besoin.

DxO ViewPoint module objectif

Ensuite, le panneau affiche le couple objectif / appareil et vous propose la fonction « Auto » ou Manuelle. Celle-ci vous donne accès à 2 commandes : barillet ou coussinet et une commande spéciale « fisheye ». La fonction auto marche parfaitement et vous disposez d’un curseur permettant de régler l’intensité de la correction. Bon, la plupart des logiciels photo corrigent facilement et automatiquement la distorsion. J’ai testé Dxo avec une image prise avec un 18/35 mm Nikkor, un excellent objectif, mais affublé d’une distorsion en moustache. Non ça n’a rien à voir avec le dernier album de Deluxe. La distorsion en moustache combine celle en barillet et en coussinet. La totale quoi. Lightroom a beaucoup de mal avec ce type de distorsion et il m’a fallu passer en manuel, mais une légère déformation persiste. Ce n’est pas très gênant sauf avec les vues de mer où l’horizon est très visible.

Avec DxO ViewPoint, j’ai d’abord redressé l’image (1) puis téléchargé le module appareil/objectif (2). Ensuite, j’ai corrigé en cliquant sur « Auto » (3) avant d’affiner avec le curseur d’intensité (4). Beaucoup plus rapide et efficace.

correction de la distorsion

Attention, je vous recommande  de toujours corriger la distorsion en premier. Cela affecte en effet les autres corrections et c’est précisément pour cette raison que DxO ViewPoint a placé ce panneau en premier.

2 – Correction de volume

Ce défaut touche les grand-angulaires et est d’autant plus prononcé que la focale est courte. Les objets et personnes situés près des bords de l’image sont déformés dans le sens horizontal et/ou diagonal. C’est une déformation très laide, et très mal ou pas corrigée du tout par la plupart des logiciels. Et c’est ce qui m’intéresse plus particulièrement dans DxO ViewPoint.

Le panneau propose 2 options sous forme de boutons : « horizontale/verticale » ou « diagonale ». Cette dernière est à privilégier si vous aviez un point de vue en plongée ou contre-plongée. Mais de toute façon l’effet est visuel et vous pouvez essayer les 2. Affichez le mode avant/après pour évaluer votre travail.

correction de volume

J’ai trouvé le résultat absolument incroyable car c’est une déformation peu ou pas corrigée par les autres logiciels… Mais attention, cela recadre et croppe fortement l’image.

Dans l’exemple ci-dessous, on voit comme la tête de l’homme retrouve des proportions naturelles après le traitement (à droite). Dans d’autres programmes, on pourrait jouer sur la commande d’aspect pour étirer l’image, mais l’effet serait global au lieu de ne s’appliquer qu’aux parties déformées.

DxO ViewPoint

3 – Correction des perspectives

On retrouve les propositions classiques dans ce domaine ; Auto / Correction verticale ou horizontale et les guides de correction à disposer soi-même dans l’image. Il y a également des curseurs de réglages qui peuvent être utiles pour de petites corrections.

Une touche « Auto » étonnante

La touche « Auto » est bluffante. Elle fait un très bon travail de base. On peut choisir entre corriger les verticales, les horizontales ou les 2.

correction perspectives

On peut ensuite affiner le travail avec les repères de contrôle en alignant ceux-ci à des lignes dans l’image. Ceux-ci sont particulièrement bien faits et offrent un zoom de l’image suffisamment puissant pour que l’on puisse les placer précisément.

géométrie

L’image ci-dessus présente un gros problème de perceptive horizontale. Celle-ci intervient lorsque vous n’êtes pas parallèle au plan photographié (ici le mur). C’est une déformation notoirement difficile à corriger. J’ai affiné le travail fait par la touche « Auto » avec les points de repère et le tour était joué en moins d’une minute.

En revanche sur des images plus anciennes, DxO affichait que les exifs n’étaient pas suffisamment précises. Mais la correction en manuel reste bien sûr possible.

4 – Reshape

Ce panneau est un outil qui permet de modifier localement l’aspect d’une image (ses lignes, ses perspectives, etc.) sans toucher au reste de l’image. Il ressemble à l’outil « Déformation » de Photoshop. On peut afficher une grille avec 4/8/16 ou 32 points de contrôle. Et si ça ne suffit pas, vous pouvez créer votre propre grille…

L’intérêt est de pouvoir corriger une déformation localement donc. Il suffit de bouger les différents points de la grille pour modifier l’image. Le résultat est visible immédiatement. Un double clic sur l’un des points le remet à sa position d’origine. C’est un outil très puissant à réserver aux corrections poussées sur des sujets difficiles (lignes droites et courbes dans la même image, raccord de panoramiques, etc.)

On peut bien sûr s’en servir pour déformer volontairement.

DxO ViewPoint

5 – Horizon

Ce panneau bien fait, permet de redresser l’horizon d’une image. La touche auto fonctionne parfaitement. Les commandes manuelles aussi.

6 – Recadrage

Un outil de recadrage classique, avec différents rapports de longueur/largeur (ratios) disponibles et la possibilité de créer les siens. Là aussi, rien de particulier. Il aurait pu être regroupé avec le précédent d’ailleurs.

7 – Effet miniature

Une originalité DxO ViewPoint : la possibilité de réaliser automatiquement et facilement un effet de miniature ou « Tilt-sihft ». C’est efficace, amusant et ça plaira aux fans de cet effet. ON peut aussi s’en servir pour simuler une flou de profondeur de champ.

effet miniature

Intégration de DXO ViewPoint dans Lightroom

L’intégration dans Adobe Lightroom se fait via l’ajout automatique d’un Module externe. DxO ViewPoint vous proposera automatiquement de s’intégrer à Lightroom et/ou Photoshop sous la forme d’un module externe durant l’installation. Vous n’avez rien à faire.

Ensuite, il vous suffit de sélectionner – en mode Bibliothèque ou Développement – l’image que vous souhaitez traiter et de faire un clic-droit dessus. Choisissez « Modifier dans « dvpv4… ». L’image est enregistrée en « Tiff », ajoutée au catalogue et ouverte dans DxO ViewPoint, puis récupérée dans Lightroom.

Intégration dans le Finder ou l’explorateur

Pour être complet, il faut signaler que le logiciel peut être aussi lancé en faisant un simple clic droit sur la photo depuis l’Explorateur Windows ou le Finder de Mac. Là encore, vous n’avez rien à faire de spécial durant l’installation.

Conclusion

Voilà un super logiciel, facile à prendre en main, peu gourmand en ressources et très efficace. Mais bien sûr, la question est : est-ce que cela mérite de compliquer son flux de travail pour l’intégrer si l’on travaille sur un autre logiciel. En clair, est-ce qu’il est meilleur, vraiment meilleur que le module de correction géométrique que je possède dans mon logiciel ? Après quelques jours d’utilisation, je peux dire qu’à l’usage, c’est un programme bien fait, rapide et particulièrement efficace. La sortie de Lightroom vers DxO ViewPoint est rapide et l’image traitée automatique rapatriée dans le catalogue Lightroom. Mais SURTOUT il est le SEUL à proposer la correction de volume ou d’anamorphose de façon automatique. Or, cette déformation est particulièrement inesthétique et affecte toutes les images prises avec des courtes focales.

Les plus

  • rapidité de prise en main,
  • facilité utilisation,
  • puissance et simplicité des corrections de base (niveau, recadrage, distorsion, etc.),
  • seul programme à proposer la correction  de volume,
  • correction des perspectives simple à utiliser et très efficace,
  • le prix raisonnable pour un programme en licence perpétuelle

Les bémols

  • impossibilité de travailler sur les fichiers RAW,
  • la recherche du fichier original un peu laborieuse parfois dans la version stand alone,
  • le prix – pas trop élevé – mais la plupart des options sont disponibles sur les traitements photo

Le seul point faible de ce programme pour moi est le fait qu’il ne puisse pas corriger le fichier RAW directement. La sortie en Tiff n’est pas un souci en soi, la qualité est très bonne. Mais cela complique et ralentit le flux de travail. Au chapitre des améliorations souhaitées, il faudrait aider la recherche du fichier original dans la version indépendante et permettre à l’utilisateur d’indiquer le couple appareil/objectif utilisé via une liste ou une fonction « rechercher ». Pas trop compliqué à mettre en place, et cela ferait gagner du temps (au début).

Pour qui, et quelle utilisation

Évidemment pour tous ceux qui travaillent beaucoup sur l’architecture. Mais aussi pour les adeptes des courtes focales et du reportage. Car DxO ViewPoint est le seul programme à proposer la correction de la très inesthétique déformation de volume… L’idée n’est pas de travailler toutes les photos, mais seulement une sélection.  Bref, DxO signe une fois de plus un excellent logiciel qui devance ses concurrents directs. A vous de voir si cela est intéressant dans votre pratique quotidienne.

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Je vous dis à bientôt pour de nouveaux articles et d’ici là, merci de partagez les articles et de faire connaitre notre blog autour de vous. Philippe Body

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Philippe photographe de voyage professionnel a deux passions : la photographie et le voyage.  Après  … lire plus

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plusieurs séjours en Afrique, il se rend en Asie et c’est l’éblouissement. A la fin des années 80, il réalise ses premiers reportages en Inde, dont un sujet sur l’inaccessible ethnie Muria dans la province reculée du Chattisgarh et le gigantesque projet de barrage Narmada. Plusieurs publications s’ensuivent et ses premiers reportages sont diffusés par l’agence VU. En 1990, il est l’un des premiers photographes à revenir au Vietnam qui sort enfin de son isolement. Cinq ans plus tard, il entre à l’agence Hoa Qui, spécialisée dans la photo de voyage avant de rejoindre en 2007 la prestigieuse agence Hemis.fr. En 2010, il créé le site “www.avecunphotographe.fr” pour proposer ses propres stages et ceux de quelques photographes de grande qualité. Aujourd’hui son travail est diffusé par les agences Hemis.fr – Getty et AGE fotostock ainsi que sur son propre site professionnel www.philippebody.com

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