Dans cet article, je vais vous parler des trépieds Leofoto – une marque importée depuis peu en France et qui est en train de cartonner.  J’ai d’ailleurs craqué pour un modèle que je vous présenterai dans un autre article un peu plus tard. Par Philippe Bodytrépieds Leofoto

Les trépieds Leofoto

D’habitude, le petit monde des trépieds est plutôt calme. Il faut dire que cet accessoire ne change guère au fil des années. Ici, pas de mises à jour, ni de grandes révolutions technologiques et c’est tant mieux. Cela permet d’investir dans du bon matériel que l’on va garder longtemps. Pour cela, il est fondamental de bien choisir son modèle en fonction de ses besoins et c’est le sujet de mon super guide publié il y a quelque temps déjà. Depuis quelques années, plusieurs marques chinoises et taïwanaises sont tout de même venues concurrencer sérieusement les fabricants historiques (Manfrotto et Gitzo en tête). On peut citer Benro, Sirui, Induro et la plus récente : Leofoto.

Personnellement, j’ai déjà possédé et testé un trépied Induro (génial) et je possède un modèle Sirui pour le voyage. Mais comme je cherchais un gros trépied très stable pour faire des photos de paysage et de la pose longue, j’ai de nouveau consulté l’offre disponible. C’est comme ça que je suis tombé sur les modèles Leofoto. La marque chinoise fondée en 2014 s’est rapidement imposée comme l’un des leaders dans son domaine.

La qualité au rendez-vous

L’une des particularités des trépieds Leofoto est leur tressage carbone croisé en 10 couches. Bon nombre de marques se contentant de 6 à 8. Or, le tressage carbone c’est la rigidité et la solidité du trépied. On comprend mieux du coup pourquoi les modèles Leofoto sont garantis 10 ans. Un record !

Autre gros avantage, ils sont livrés complets. Tous les modèles de trépieds Leofoto sont fournis avec leur housse de transport, des clefs Allen pour resserrer les jambes, souvent des pointes en acier et un outil multifonction. Certains sont livrés avec 2 colonnes (courte et longue), etc. L’impression générale est excellente et les produits sentent bon la qualité.  Je teste le mien depuis 2 mois et ce n’est que du bonheur.

Parmi les détails importants, il y a 3 vis permettant de fixer solidement la rotule sur l’embase. A ce propos, un petit conseil : une vis suffit à bloquer correctement. Enlevez les 2 autres et gardez-les au chaud, car on les perd fréquemment. Rien n’empêche en effet la vis de se défaire en cas de grosses vibrations (transports, 4×4, moto)

Des modèles innovants

Le truc qui m’ a décidé à acheter mon modèle Leofoto (un Ranger LS-324-C) c’est la possibilité de démonter facilement les jambes pour les nettoyer et les graisser. Un trépied en ville ne s’use que très peu. En fait, ce qui les fragilise (et vite) c’est le sable, l’eau (de mer en particulier à cause du sel), la vase, etc. On a beau en prendre soin, les rincer dès que l’on peut, l’eau et le sable fin et la vase finissent toujours par s’introduire dans les mécanismes de serrage. Et là, ça colle, ça grince et ça vieillit mal. Donc, la possibilité de démonter facilement, sans perdre une mini pièce, est un vrai plus. Du coup, on peut graisser (avec de la graisse au lithium) les mécanismes et donc prolonger la vie du matériel.

Pas de colonne centrale

Peu de marques proposent des modèles sans colonne centrale – qui sont pourtant les plus stables. Leofoto en a plusieurs et fournit en plus gratuitement la colonne centrale (qui se visse sur l’embase). Ce type de trépieds peuvent aussi se mettre à ras du sol.

Des boules de mises à niveau incluses

Pour faire un bon panoramique, il faut que le trépied soit bien bien sûr parfaitement de niveau. Sur un terrain accidenté, régler séparément les 3 jambes prend du temps. C’est pour cela que des fabricants proposent des boules de mises à niveau qui permettent de faire cela en maniant une seule vis de réglage. Les modèles de trépieds Leofoto comportant les lettres « EX » dans le nom possèdent une boule de mise à niveau incorporée avec niveau à bulle de précision. Un peu plus lourd, mais appréciable si vous faites souvent des panoramiques. Personnellement, je préfère avoir une boule de mise à niveau indépendante – que je monte ou pas sur mon trépied selon ce que je vais faire.

trépieds Leofoto - boule mise a niveau

Colonne centrale inclinable ou ajustable

Bon, ça c’est pas vraiment une nouveauté, mais ces modèles repérables aux lettres « VL » intéresseront les amateurs de macrophoto. En revanche la colonne ajustable qui équipe les modèles, Mr O est une innovation. On peut s’en servir un peu comme une boule de mise à niveau ou simplement ajuster la position de l’appareil. Les photographes macro y verront peut-être une utilité.

trépieds Leofoto

Embases multifonctions

2 embases sur le trépied permettent de fixer des accessoires via des magic arms (bras flexibles). On peut imaginer fixer un smartphone pour filmer la prise de vue ou un réflecteur, une torche vidéo pour la macro, etc.

trépieds Leofoto

Une gamme de trépieds Leofoto archi complète

Importée en France par la société Degreef, la marque propose une gamme complète et cohérente. Revers de la médaille, il n’est pas toujours facile de s’y retrouver –  voire carrément compliqué. D’où le petit guide qui suit

Les séries de trépieds Leofoto

les séries de trépieds Leofoto

Ranger – (LS)

C’est la plus large et la plus polyvalente avec de nombreux modèles possédants toutes sortes de caractéristiques différentes (bol de mise à niveau, avec ou sans colonnes, etc.). C’est également celle que j’ai choisie. Ces trépieds sont livrés d’office avec housse de protection dotée d’une lanière, jeu de pointes en acier inoxydable, clefs Allen, et d’un outil multi-usage (et assez peu pratique au final, mais bon …).

Certains modèles de la série Ranger sont proposés avec une base de mise à niveau. Ils possèdent alors le suffixe « EX » en plus du « C » de carbone.

Summit – (LM)

Destinée à un usage studio , cette gamme regroupe des modèles lourds et très stables. Ils sont livrés sans colonne centrale (en option) et sans rotule et possèdent un plateau amovible appelé demi-bol qui peut être remplacé par une tête vidéo. Fournis de série également, sac de transport, plaque de fixation pour appareil, pointes de pied en acier inox et outil multifonction.

serie summit leofoto

Urban – (LX)

Ce sont des trépieds de voyages (4 modèles) légers et compacts. Les jambes se replient sur la colonne centrale. Livrés avec une colonne centrale amovible + une colonne courte pour les vues au ras du sol et leur rotule.

MR Q – (LQ)

Oui, c’est un drôle de nom pour une série je suis d’accord. Il s’agit du haut de gamme de la marque avec un tressage carbone particulier. Ils sont livrés avec colonne centrale amovible et rotule et sont très légers. Leur originalité tient dans l’embase qui accueille la colonne centrale et conserve une stabilité maximum.

embase interchangeable

Mr O – (LO)

Une série haut de gamme aussi dont la particularité est une colonne centrale réversible dont on peut ajuster rapidement l’angle. C’est assez bluffant. On peut ensuite serrer avec une petite manivelle. La série O est vendue sans rotule.

série Mr O leofoto

Poséidon – (LP)

Là, on est dans le trépied hautement spécialisé pour photo en milieu humide et corrosif. Les parties en contact avec l’eau sont en titane, rien que ça. Un système de verrouillage des jambes particulier empêche ou réduit fortement l’intrusion d’eau ou autres éléments extérieurs (boue, sable, etc.). Livré sans colonne centrale / avec ou sans rotule selon modèles.

La série inversée SOAR – (SO)

Les jambes de ce trépied sont inversées. On commence par la plus petite et en dessous la plus grosse. Bref un trépied qui ne se plie pas, mais assure une excellente stabilité. Composée de 3 modèles de 2 sections chacune. La dernière section sert à assurer le « niveau » du pied.

trépieds Leofoto

Hiker ou Mountain – Armor– (LN)

La série Mountain a été arrêtée (trop de série tue la série…). La série Hiker se trouve encore et ressemble aux  Ranger. La série Armor comprend 3 modèles dont les jambes se replient sur la colonne centrale. Idéal pour rentrer dans un sac ou une valise, mais un peu long à installer.

trépieds Leofoto replié

Traveler – (LE)

Les Traveler se replient sur la colonne centrale comme les précédents.Conçus pour le voyage donc. Une des jambes peut se désolidariser et s’utiliser comme un monopode. Livrés avec rotules

Mini – trépieds – (MT)

Les mini-trépieds sont une spécialité de Leofoto qui en propose de nombreux modèles. Certains apparaissent aussi dans la série Summit … oui je sais, c’est pas simple, mais c’est pour ça qu’on fait un guide !

Monopodes – (MP)

Les monopodes  se déclinent en modèles à 4, 5 et même 6 sections. Ouverture en 1/4 de tour comme pour les trépieds.

Bon, il y aussi des modèles pour la vidéo, mais j’ai une vie privée aussi et je trouve qu’il y a tout simplement trop de série et de modèles. Notamment, Traveler, Urbanet Hiker qui auraient pu être regroupés en 1 seule gamme.

Comment s’y retrouver dans les séries Leofoto

En fait, tout est dans le nom du trépied : par exemple le modèle LS-324 C (que je vous présenterai en test bientôt) signifie : « LS » (série ranger)  – « 324 » indique le diamètre de la plus grosse section en mm (32 mm) et le dernier chiffre indique le nombre de sections (4 pour 4 sections) – enfin la lettre « C » vous dit qu’il est en … Carbone. Et parfois, ila joutent encore des lettre comme « EX » pour dire qu’une boule de mise à niveau est incluse.

Pour résumer :

  • la série la plus polyvalente (et innovante) est la série Ranger;
  • les Summit (studio) et Poséidon (mer) sont très spécialisées,
  • les modèles SOAR cherchent encore leur public …
  • enfin, les 2 séries Mr Q et Mr O sont semblables aux Ranger en plus haut de gamme et intéresseront aussi ceux qui alternent photo et vidéo et doivent passer vite d’une tête à l’autre. Sinon la série Ranger est aussi bien..

Et les rotules

C’est peut-être le défaut de l’offre Leofoto, beaucoup de modèles sont proposés avec une rotule en kit. Or comme je l’ai écrit dans mon guide pour choisir sa rotule, il vaut souvent mieux acheter la rotule à part.  J’utilise la mienne (modèle LH-40) depuis 2 mois et en suis très content. Ça serre dur, c’est agréable à manipuler et semble solide.  J’aurais quand même préféré avoir le choix, mais on n’est clairement pas dans de la rotule de kit bas de gamme.

Toutes les rotules sont compatibles avec le système de serrage Arca Swiss – le meilleur.  On trouve plusieurs rotules, de différentes tailles et capacités de serrage ainsi que des modèles panoramiques.

Les prix

Vu le nombre de modèles, il y a évidemment toutes sortes de prix, mais globalement ils sont plutôt bon marché et moins élevés que sur du Gitzo, Uniqball ou Feisol qui jouent dans la même cour côté qualité. Une bonne affaire donc. Les trépieds Leofoto de la série Ranger notamment possèdent des caractéristiques qui ne se trouvent habituellement que sur des marques 2 fois plus chères. Les séries Poséidon, Mr Q et Mr O sont plus onéreuses.

Où acheter les trépieds Leofoto ?

Vous pouvez trouver les trépieds Leofoto chez Miss Numerique et chez Digit-photo

Si cet article vous a plu merci de la partager sur vos réseaux et si vous utilisez un trépied Leofoto n’hésitez pas à me faire un retour.

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Philippe Body, votre photographe formateur

Philippe Body, votre photographe formateur

Philippe photographe de voyage professionnel a deux passions : la photographie et le voyage.  Après  … lire plus

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plusieurs séjours en Afrique, il se rend en Asie et c’est l’éblouissement. A la fin des années 80, il réalise ses premiers reportages en Inde, dont un sujet sur l’inaccessible ethnie Muria dans la province reculée du Chattisgarh et le gigantesque projet de barrage Narmada. Plusieurs publications s’ensuivent et ses premiers reportages sont diffusés par l’agence VU. En 1990, il est l’un des premiers photographes à revenir au Vietnam qui sort enfin de son isolement. Cinq ans plus tard, il entre à l’agence Hoa Qui, spécialisée dans la photo de voyage avant de rejoindre en 2007 la prestigieuse agence Hemis.fr. En 2010, il créé le site “www.avecunphotographe.fr” pour proposer ses propres stages et ceux de quelques photographes de grande qualité. Aujourd’hui son travail est diffusé par les agences Hemis.fr – Getty et AGE fotostock ainsi que sur son propre site professionnel www.philippebody.com

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