Dans un article précédent, je vous ai parlé de la photographie sociale américaine – de ses pionniers et ses photographes emblématiques. Dans cette seconde partie, nous allons continuer la saga et nous intéresser aux héritiers directs de ce mouvement aux États-Unis et dans le monde.

La Photographie sociale américaine – seconde partie

En 1943, après avoir produit 175 000 images, la FSA (Farm Security Administration) est dissoute et son programme d’information et de reportages terminé. L’arrêt de cette manne financière, signe la fin de l’âge d’or de la photographie sociale américaine. Mais, l’élan impulsé par cette nouvelle pratique de la photographie documentaire et la conviction que la photographie peut contribuer à changer les choses va persister et continuer à inspirer des centaines de photographes de par le monde.

Les héritiers de la photographie sociale américaine

Le Photojournalisme

C’est l’héritier le plus direct de la photographie sociale américaine. Avec la Seconde Guerre mondiale, le marché de la presse illustrée a explosé. Des magazines comme Life ou Look ont embauché des photographes de talent pour documenter l’actualité, les évènements sociaux et la vie quotidienne. Sous l’influence des rédacteurs-en-chefs tout-puissants de ces grands magasines, une éthique journalistique voit le jour et les photographes prennent plus de recul, se font moins militants et plus factuels.

Quelques photojournalistes de cette période – et non des moindres – ont cependant conservé une vision très proche de la photographie sociale américaine. En voici quelques-uns, pour ne citer que les plus emblématiques…

W. Eugene Smith (1918-1978)

W. Eugene Smith – à qui j’ai déjà consacré un article – a utilisé les essais photographiques pour dénoncer les injustices, comme la pollution industrielle, dans un esprit similaire aux pionniers de la FSA. Son approche est plus narrative et artistique, mais l’engagement militant identique. Il aura d’ailleurs des relations difficiles avec les magasines lui reprochant que son engagement  le conduit à refuser certaines concessions. En clair, il est un peu trop intègre pour le milieu de la presse.

Margaret Bourke-White (1904-1971)

Pionnière du photojournalisme, elle est également la première femme correspondante de guerre accréditée par l’armée américaine. Elle a couvert des évènements majeurs comme la Seconde Guerre mondiale et la guerre de Corée. Elle est surtout connue pour son reportage photographique sur la libération du camp de concentration de Buchenwald en 1945. Ses images, puissantes et souvent sombres, ont sensibilisé l’opinion publique américaine aux atrocités de la guerre. Elle a été l’une des photographes vedettes du magazine Life. Aux États-Unis, elle a couvert les crises sociales comme dans l’image ci-dessous. La photographe utilise la technique de juxtaposition ou jumelage pour  mieux montrer le décalage entre cette queue pour une soupe populaire et le slogan de l’affiche publicitaire de l’American way of life. Redoutablement efficace et d’une incroyable modernité pour l’époque.

Photographie sociale

© Margaret Bourke White

Gordon Parks (1912-2006)

Premier photographe noir publié dans Life, il demeure une figure essentielle du photojournalisme social. Ses travaux sont centrés sur les questions de la pauvreté, des droits civiques et du racisme aux États-Unis. Son œuvre la plus célèbre, « American Gothic, Washington, D.C. » , est un portrait puissant d’une femme de ménage noire à Washington en 1942 (ci-dessous), qui dénonce la ségrégation et l’injustice de l’époque. Son travail a donné une voix aux communautés marginalisées et a contribué à documenter la lutte pour les droits civiques dans les années 1950 et 1960. G. Parks se considérait comme un artiste combattant dans la lignée directe de la photographie sociale américaine.

Photographie sociale américaine

© Gordon Parks – American gothic – Washington DC – Ella Watson 1942

L’esprit et la forme

Tous ces photographes ont gardé vivant l’esprit de la photographie sociale américaine (engagement, implication, rigueur documentaire), mais ont adopté des styles plus « artistiques », plus personnels, moins bruts et directs. Ils ont aussi mis l’accent sur le narratif, ce qui est nouveau et a été rendu possible par le format des magasines Américains de l’époque. Ceux-ci consacrent en effet souvent entre 8 et 16 pages aux reportages qui en valent la peine. Ce qui permet de raconter une histoire en profondeur. Ce format s’est avéré si puissant et populaire qu’il est toujours utilisé aujourd’hui, y compris dans les magasines européens, 80 ans plus tard.

La « New Wave » de la Photographie documentaire

À partir des années 1950 et 1960, une nouvelle génération de photographes a remis en question l’approche « objective » de la photographie sociale américaine version FSA. Ils ont développé une photographie documentaire plus subjective et critique. Plutôt que de simplement documenter la misère, de manière frontale, ils ont exploré la complexité de l’identité américaine, la culture de consommation et les paysages urbains et ruraux d’une manière qui mettait en avant leur propre vision.

Ce mouvement a ouvert la voie à des approches plus artistiques et conceptuelles de la photographie documentaire qui s’exprimaient à travers des expositions et des livres. On y trouve de grands noms de la photographie – impossible de tous les citer bien sûr, mais en voici quelques-uns incontournables :

Robert Frank (1924 – 2019)

Dans son livre : « Les Américains » (1958), l’auteur offre une vision crue et désenchantée de l’Amérique de l’après-guerre, se concentrant sur les moments de solitude et d’aliénation. Autant d’aspects de la vie sociale qui étaient ignorés par les médias traditionnels, parce que considérés comme peu intéressants et demandant trop de place pour être traités. On est toujours dans la photo documentaire, mais le travail du photographe est plus subjectif et revendiqué comme tel.

photographie sociale

© Robert Franck – Les Américains

© Robert Franck – Chicago political rally

Diane Arbus (1923 – 1971)

Avec ses portraits de personnes marginalisées et de situations peu conventionnelles, la photographe a élargi la portée de la photographie sociale américaine. Elle explore la condition humaine et la complexité des relations sociales. Un choix assumé et une signature visuelle forte font entrer son travail documentaire dans la photographie d’art.

Photographie sociale - diane arbus

© Diane Arbus

Mary Ellen Mark

Cette auteure majeure dont j’ai déjà parlé dans cet article : « Une très grande dame de la photographie »  a abordé des questions de genre, de représentation et d’identité. Son travail, tout en restant ancré dans la réalité sociale, est devenu plus introspectif et critique des normes culturelles dominantes. Mary Ellen Mark a travaillé sur des séries destinées à l’édition, suivant parfois sujets sur plusieurs dizaines d’années. Elle a apporté une dimension sociologique au travail photographique. Sur le plan graphique, c’est une image documentaire très pure sans embellissement, mais avec une précision et un sens du cadrage qui changent tout.

© Mary Ellen Mark

L’Aesthetic Snapshot

En réaction à la perfection technique de la Straight Photographie et aux sujets graves et importants de la photographie sociale,  il se développe un courant à partir des années 1960 qui cherche à documenter le banal et privilégie l’instantané avec souvent une recherche volontaire d’imperfection. Cette nouvelle approche marque cette fois une réelle rupture avec la photographie sociale, même si elle est toujours axée sur le quotidien et sa représentation. Ce n’est plus tout à fait de la photo documentaire. Des photographes comme William Eggleston, Saul Leiter et Nan Golding ont documenté la vie de tous les jours avec une esthétique qui a élevé des sujets banals au rang d’œuvres d’art, comme des stations-service ou des intérieurs de fast-foods. Avec Gary Winogrand, et ses photos de rue, on s’approche de la rupture. Le côté documentaire commence à être moins important que le style visuel. Pour lui, la photographie n’était pas tant un moyen de documenter un sujet, que de découvrir une nouvelle réalité visuelle.

aesthetic snapshot

© William Eggleston


Ce mouvement de l’Aesthetic Snapshot est une étape clé de la photographie d’auteur et artistique et je vais bientôt lui consacrer un long article. C’est aussi un mouvement qui a décomplexé beaucoup d’amateurs de l’époque.

La Photographie Post-Documentaire – la rupture

À peu près à la même période que le mouvement de l’Aethetic Snapshot, se développe un mouvement que l’on appellera « Photographie Post-documentaire ». Comme son nom l’indique, elle revendique une nouvelle approche de la photo documentaire, libérée de la notion de d’objectivité et du rôle engagé du photographe. Ce courant questionne la capacité de l’image à capturer une vérité objective et met au contraire l’accent sur la construction du récit et la subjectivité du photographe. Les membres de ce courant se revendiquent comme artistes et utilisent la photographie pour explorer la relation entre l’image et la réalité. Dans la photographie Post-documentaire, l’image n’est plus au service d’une cause et d’un sujet. Seul le style a encore quelque chose de documentaire. L’important, c’est de plus en plus l’artiste, sa vision, son monde. On peut dire que c’est une vraie rupture avec la photographie sociale.

Artistes et démarches emblématiques

Bernd et Hilla Becher

Bien qu’ils ne soient pas des photographes post-documentaires au sens strict, leur travail de documentation systématique des architectures industrielles a eu une influence majeure. En classant leurs photos de châteaux d’eau ou de hauts-fourneaux dans des typologies rigoureuses, ils ont transformé le document en œuvre d’art conceptuelle. Ils ont influencé de nombreux photographes connus, parmi lesquels Thomas Struth, Thomas Ruff, et Andreas Gursky.

La Photographie Post-Documentaire

© Bernd et Hilla Becher


Ces artistes allemands, souvent considérés comme les héritiers des Becher, ont poussé plus loin la démarche. Ils sont célèbres pour leurs photographies grand format, techniquement parfaites et souvent mises en scène. Andreas Gursky, par exemple, utilise la retouche numérique pour créer des images de paysages urbains ou de foules qui semblent réelles, mais sont en fait des constructions complexes.

© Thomas Struth -Museum-VI,- Berlin -1996

Jeff Wall

Artiste canadien, il est un représentant clé de ce courant. Ses images monumentales, présentées dans des caissons lumineux, sont de véritables mises en scène d’évènements de la vie quotidienne ou de sujets sociaux. Ses photographies, bien que ressemblant à des instantanés, sont en réalité des fictions soigneusement construites.

© Jeff Wall

Documerica – un état des lieux écologique des États-Unis

Documerica est un ambitieux projet photographique lancé aux États-Unis au début des années 1970, dans le pur style de la photographie sociale américaine et de la FSA. Le projet est lancé et financé par la toute nouvelle Agence de protection de l’environnement (EPA), créée sous Richard Nixon. L’initiative visait à créer un « état des lieux » visuel de l’environnement écologique américain. en documentant les préoccupations environnementales, la pollution, le développement urbain et les modes de vie des Américains.

100 photographes sur le terrain

Pendant 5 ans, une centaine de photographes vont sillonner l’Amérique pour documenter toutes ces questions environnementales. Certains s’intéressent aussi aux problèmes sociaux, chacun travaillant seul, sans liaison ou dialogue avec les autres photographes. C’est d’ailleurs ce manque de concertation et d’organisation à un plus haut niveau qui va torpiller le projet. En effet, les 80000 clichés récoltés ne seront jamais exploités et le projet tombera assez vite dans l’oubli contrairement à ce qu’il s’était passé avec la Farm Security Administration.

la photographie sociale

Photo Bruce McAllister – restaurée par J.F. Dideck


Le réalisateur J.F. Dideck a réalisé un documentaire sur ce sujet.

La photographie sociale en 2025

Ce qui a le plus changé en ce début de 21e siècle, ce sont les canaux de diffusion. La photographie sociale a connu son âge d’or sous la FSA, parce que celle-ci finançait ses reportages. Aujourd’hui, il n’y a presque plus de magasines d’information qui passerait ce type de reportage et encore moins le financerait en amont. Les photographes se sont portés vers les réseaux sur lesquels ils peuvent encore toucher un large public, mais le problème crucial du financement de ce genre de reportage est toujours compliqué. Voici quelques-uns des héritiers contemporains de la photographie sociale américaine. Eux, perpétuent l’héritage de leurs prédécesseurs en utilisant la photographie pour mettre en lumière les réalités sociales, les inégalités et les luttes de la population américaine, tout en adaptant leur approche aux nouvelles technologies et aux modes de diffusion actuels.

Matt Black

Ce membre de l’agence Magnum est l’un des héritiers les plus directs de la tradition de la Photographie sociale américaine. Dans son projet « American Geography », il a sillonné les États-Unis pour photographier les communautés où au moins 20% de la population vit sous le seuil de pauvreté. Ses images en noir et blanc, souvent prises en utilisant un iPad, ont un style sobre et puissant qui rappelle l’esthétique de Walker Evans. Dans l’image ci-dessous, il garde du style FSA le cadrage frontal et la grande proximité avec le sujet, mais il enrichit sa composition avec des éléments en arrière plan et une précision de cadrage impressionnante.

la nouvelle photo sociale américaine

© Matt Black – Tomato Harvest USA 2014

Bryan Schutmaat

Son travail se concentre sur les zones rurales et les petites villes touchées par le déclin industriel. Dans des séries comme « Grays the Mountain Sends », il photographie des hommes et des femmes de la classe ouvrière, capturant la solitude et la dignité de vies souvent oubliées. Son approche est empreinte d’une profonde empathie, rappelant le travail de Dorothea Lange. Ci-dessous, une image épurée d’une grande sobriété pour montrer le déclassement, l’ennui, la désindustrialisation, dans un style très « Straight photography ».

Photographie sociale -

© Bryan Schutmaat

Chris Arnade

Ancien trader de Wall Street devenu photographe, il a documenté la vie des personnes sans-abri et des communautés marginalisées, notamment dans son livre Dignity. Son travail est un contrepoint à l’urbanisme triomphant et met en lumière les conséquences du déclin économique sur les individus. Dans la photo ci-dessous, c’est le pur style photographie sociale, brut, frontal sans embellissement ni fioriture, pour laisser le sujet s’exprimer dans sa toute puissance.

photographie sociale aujourd'hui

© Chris Arnade

Le temps des smartphones

Aujourd’hui, nombre d’images ayant entrainé une forte mobilisation sociale ont été faite au smartphone par des gens dont ce n’est pas le métier, mais qui étaient là et qui ont témoigné. Comme l’image ci-dessous de l’arrestation de Georges Floyd dont la mort a été le point de départ d’un immense mouvement de contestation et de protestation en 2020. On est bien sûr plus dans le scoop et l’image unique et virale que le reportage construit, engagé et réfléchi. Mais le rôle des photographes anonymes équipés de leur smartphone est essentiel en ce qu’ils peuvent tout couvrir et ainsi témoigner, révéler, ce qui était l’une des fonctions majeures de la photographie sociale américaine.

© DR – Arrestation de Georges Floyd

Influence de la photographie sociale américaine dans le reste du monde

Les circonstances particulières – régionales pourrait-on dire – de la crise de 1929 et surtout du Dust Bowl qui ont vu naitre la photographie sociale américaine ne l’ont pas empêché d’avoir une immense influence dans le reste du monde.

En France : la photographie humaniste

En France, l’équivalent de la photographie sociale américaine s’est développé sous le nom de photographie humaniste, principalement après 1945, mais avec des origines datant de l’entre 2 guerres. Contrairement au militantisme frontal de l’école américaine, la photographie humaniste française avait une approche plus poétique et universelle. Elle s’intéressait à l’individu dans sa vie quotidienne, à ses joies, ses peines, ses petits moments de bonheur et de misère. Un regard empathique et sensible.  Le ton est moins celui de la dénonciation que celui du témoignage, de la célébration de la dignité humaine malgré les difficultés. On lui reprochera d’ailleurs plus tard cette bienveillance un peu systématique, un peu « fleur bleue ».

Les pionniers et les figures emblématiques

Eugène Atget (1857 – 1927)

Bien qu’il ne soit pas un « photographe social » au sens strict, Atget a documenté avec une minutie quasi ethnographique le « vieux Paris » avant qu’il ne disparaisse. Ses images des petits métiers, des rues désertes et des parcs témoignent déjà d’un intérêt pour les aspects marginaux de la vie urbaine. Son travail a influencé à la fois l’école de la Straight photography et de la photography sociale, par sa rigueur documentaire, son exhaustivité et la simplicité de son approche.

Les figures majeures de la photographie humaniste (après 1945)

Robert Doisneau

Le plus célèbre représentant de cette école a su capturer la poésie et la tendresse du quotidien parisien, notamment dans les quartiers populaires. Témoin bienveillant plus que réellement engagé.

Izis Bidermanas

D’origine lituanienne, il a immortalisé la vie des rues de Paris avec une grande sensibilité. On pourrait citer Sabine Weiss, Martine Franck et bien d’autres grands noms de cette période.

photographie humaniste

© Izis Bidermanas

Willy Ronis

Il a photographié la vie des ouvriers, des grèves, mais aussi les plaisirs simples et la vie familiale dans les faubourgs de Paris.

Édouard Boubat

Son regard était porté sur les moments de grâce, la beauté et la dignité des gens ordinaires.

En Allemagne : La Nouvelle Objectivité

En Allemagne, le courant de la Nouvelle Objectivité a également eu un impact majeur. Il s’agissait d’une réaction contre le subjectivisme de l’expressionnisme (oui je sais ça fait beaucoup de « ismes »). En plus clair, Le subjectivisme de l’expressionnisme donne la priorité à l’émotion et l’expérience intérieure de l’artiste sur la représentation objective de la réalité. Ce mouvement artistique déformait la réalité pour exprimer des sentiments personnels.

Des photographes comme August Sander ont entrepris un projet documentaire d’une ambition monumentale : créer un portrait exhaustif de la société allemande de l’entre-deux-guerres. Dans son œuvre « Hommes du XXe siècle », Sander a photographié des centaines de personnes de toutes les couches sociales (paysans, ouvriers, bourgeois, artistes, etc.) d’une manière frontale et sans fioriture. Chaque portrait est un document social, une typologie qui révèle la structure de la société et ses inégalités. Contrairement à la FSA, qui se concentrait sur les victimes de la crise, Sander offrait une vue d’ensemble de la société. L’école de la nouvelle objectivité avait un regard documentaire, sans le côté militant de la photographie sociale américaine.

En Grande-Bretagne : Le Photo-reportage social

C’est en Grande-Bretagne – pays qui avait déjà une tradition de photographie sociale, que le rapprochement a été le plus fort. Des photographes ont documenté la vie des classes ouvrières et les effets de la pauvreté. Bill Brandt a produit des images puissantes des mineurs du nord de l’Angleterre dans les années 1930. Son travail, à la fois documentaire et très artistique (proche de Eugene Smith), a mis en lumière la dureté de la vie ouvrière avec un style personnel et sombre qui le distingue du style plus direct des Américains. Aujourd’hui encore des photographes comme Martin Parr sont dans la ligne de la photographie sociale américaine, sans le côté militant.

© Bill Brandt

En URSS : Le Constructivisme et le Photo-reportage

En Union soviétique, la photographie a été utilisée à des fins de propagande pour glorifier la révolution et le travail collectif. Le mouvement constructiviste, avec des figures comme Alexandre Rodtchenko, a employé des angles inhabituels et des compositions dynamiques pour créer des images qui célèbrent la modernité, l’industrie et le peuple. Si cette photographie a eu une forte dimension sociale, elle est fondamentalement différente de l’approche américaine : elle n’est pas critique, mais au service d’un idéal politique. Certes, le gouvernement américain finançait les reportages – via la FSA – mais la liberté du photographe était grande.

Conclusion

Si le terme « photographie sociale » est intimement lié à l’expérience américaine (Riis, Hine, FSA, etc.), cette école a eu des équivalents dans l’Europe et le monde. Même si ces mouvements ont développé leur propre esthétique et leurs propres objectifs, façonnés par les spécificités culturelles et les enjeux politiques de chaque pays. L’influence de la photographie sociale se fait encore aujourd’hui sentir notamment dans le photojournalisme et la croyance en une photographie qui, si elle ne peut pas changer le monde, peut contribuer à l’améliorer en informant, en mettant en lumière et en impliquant le public par l’émotion que les images peuvent provoquer.

J’espère que cet article vous a plu. Merci de vos like, commentaires et partages ici sur le blog et les réseaux.

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Philippe Body, votre photographe formateur

Philippe Body, votre photographe formateur

Philippe photographe de voyage professionnel a deux passions : la photographie et le voyage.  Après  … lire plus

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plusieurs séjours en Afrique, il se rend en Asie et c’est l’éblouissement. A la fin des années 80, il réalise ses premiers reportages en Inde, dont un sujet sur l’inaccessible ethnie Muria dans la province reculée du Chattisgarh et le gigantesque projet de barrage Narmada. Plusieurs publications s’ensuivent et ses premiers reportages sont diffusés par l’agence VU. En 1990, il est l’un des premiers photographes à revenir au Vietnam qui sort enfin de son isolement. Cinq ans plus tard, il entre à l’agence Hoa Qui, spécialisée dans la photo de voyage avant de rejoindre en 2007 la prestigieuse agence Hemis.fr. En 2010, il créé le site “www.avecunphotographe.fr” pour proposer ses propres stages et ceux de quelques photographes de grande qualité. Aujourd’hui son travail est diffusé par les agences Hemis.fr – Getty et AGE fotostock ainsi que sur son propre site professionnel www.philippebody.com

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